Tous les acteurs de la vie économique et sociale du continent ont compris que la plupart des questions que nos pays avaient à résoudre ne pourraient l’être désormais qu’en coordination, voire en accord, avec nos voisins et partenaires.
Entrepreneurs, syndicalistes, militaires, diplomates, ONG, tous ont intégré cette dimension européenne nécessaire face aux Etats-continents et ont inscrit leur action dans toutes sortes de partenariats.
A l’extérieur, nos voisins multiplient les accords avec l’Union européenne, souvent sans les assumer.
La Suisse, enclavée dans l’Union, en applique presque toutes les règles, y compris celles de Schengen.
L’Islande, qui ne veut pas la rejoindre, en applique l’essentiel, tout comme la Norvège, qui paie même pour cela.
Le Royaume-Uni tente par tous moyens d’adoucir sa sortie de l’Union en négociant des accords pour s’en rapprocher.
Tous préfèrent appliquer des règles à l’élaboration desquelles ils n’ont pas pris part, se tenant à l’écart d’institutions qui leur auraient donné leur mot à dire, au nom de la souveraineté !
On peut en conclure que la dimension européenne s’est imposée par l’évidence… sauf chez les politiques.
Restés en arrière, manquant du courage d’assumer la réalité de pouvoirs nationaux réduits, les responsables politiques plaident encore pour une souveraineté du XIXème siècle plutôt que de reconnaître sa relativité contemporaine et d’en explorer de nouveaux domaines pour le XXIème siècle.
Les partis extrémistes ont ainsi trouvé en l’Union européenne un bouc émissaire commode pour l’expression surannée de leur national-populisme, jusqu’au jour de leur arrivée aux affaires.
Les modérés n’osent pas le courage d’expliquer la supranationalité, faute de la comprendre vraiment ou de la redouter. Elle garantirait pourtant un meilleur respect des identités nationales, ce que souhaitent les citoyens.
Tout le monde à nos frontières veut s’arrimer à l’Union européenne.
Tout le monde à l’intérieur a compris que c’était la dimension incontournable.
Reste à nos politiques à l’assumer au nom d’une exigence démocratique.
Les 11 élections de 2027 en Europe en seront-elles l’occasion ?